Lys : « Redbud »

Rennes a vu naître des artistes comme Niagara, Etienne Daho, Da Silva, Montgommery ou encore Tagada Jones… Il faudra sans doute compter à l’avenir sur Lys, quatuor breton mené par Nicolas Veron. Car ce groupe, bercé par le rock alternatif et la brit pop, a de quoi plaire à un large éventail de fans. Steve Hewitt, batteur emblématique de Placebo, tombe sous le charme de la formation rennaise, qu’il invite en 2011 en 1ère partie de sa tournée européenne. L’aventure humaine se poursuit et aborde un côté professionnel puisque Steve Hewitt produit le premier album de Lys, « Go Your Own Way », sorti en 2013.

En 2015 sort un deuxième opus, intitulé « Redbud ». Pour cet album, le groupe s’est entouré de Paul Corkett (producteur de Nick Cave, Bjork, The Cure…), de Craig Wakler (ex-chanteur de Archive) et de… Steve Hewitt aux percussions.

Dès les premières notes, Redbud donne le ton, délivrant un concentré de Lys sur une minute trente. Ce morceau ouvre désormais les concerts, avec un sample sur lequel Steve Hewitt marque le rythme de sa griffe. Vient ensuite Stay, un pur moment de rock, digne des meilleurs morceaux de U2, de Tears for Fears. Si la voix de Nicolas Vernon semble parfois susurée, comme dans les meilleurs Radiohead, elle n’en est pas moins assurée et fait parfois penser à celle du chanteur de Placebo.

Sur Last Night, clavier et guitare se renvoient la balle, s’en donnent à cœur joie. On se retrouve comme aspiré dans un tourbillon, c’est pour moi un moment fort de cet album. Le côté lascif de Be there offre un peu de bon temps, me rappelant sur certains aspects les anciens albums de Pink Floyd, qui avaient ce don étonnant de dévoiler des morceaux pas formatés, avec pour seul motivation celle de raconter une histoire, pas forcément singulière…

Craig Walker, l’ex-chanteur de Archive, qui a cosigné toutes les paroles, est invité sur The mistake. On retrouve en effet la patte de l’Irlandais, et il n’y a pas de doute possible : la magie opère tout de suite. Ceux qui auraient vu Archive en concert éprouveront sans doute la même chose que moi en écoutant ce morceau les yeux fermés : celle d’être transporté dans une salle de concert, avec la lumière et le son dont le groupe avait le secret.

One day fait la part belle à la basse, qui conduit le morceau de bout en bout, accompagné de notes grisantes de guitares. Quant à Evidence c’est une sorte de danse sensuelle, torride, presque érotique qui nous titille les oreilles. Le duo avec Annabelle Ariane (AnA) ne fait que sublimer la chanson. Falling appart est un très bon morceau rock, et sur scène, Lys le rend encore plus intense, plus plaisant, presque hypnotique.

Mais nous voici déjà à la fin de l’album… et ce sera LE bémol que j’émettrai : 33 minutes, c’est (beaucoup) trop court ! On n’a pas envie que ça s’arrête, au contraire. Alors, pour éteindre le feu allumé au fil des titres, Lys propose My pain et Redbud Street, deux balades acoustiques, sobres, dépouillées, brutes.

« Redbud » est un album vraiment complet, riche, intense et très bien peaufiné. Et voir le groupe sur scène, avec Steve Hewitt à la batterie, est tout aussi plaisant, intense. Nicolas Vernon envoie une énergie débordante et s’assure que Lys vous laissera un parfum de reviens-y…

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