Sting : « 57th & 9th » (2016)

« Sacred Love », le dernier album 100% original de Sting, date de septembre 2003… une éternité. Bien sûr, entre temps, d’autres galettes ont vu le jour, comme sur « If on a Winter’s Night… » en 2009 avec les chants classiques des fêtes de fin d’année, ou bien « Symphonicities » en 2010 avec des versions symphoniques de ses propres succès. Que des reprises, donc, mais rien de nouveau ou d’inédit. Finies les mélodies baroques jouées au luth  ? Oubliées les expériences quelque peu (beaucoup) ésotériques ? A moins d’aimer les soirées au coin du feu à écouter des musiques moyenâgeuses, quand vous voyez paraître un album de Sting publié par le label Deutsche Grammophon… ça fait bizarre ! Inutile de dire donc que l’annonce de ce douzième opus a fait beaucoup parler, chacun se demandant (moi le premier) ce que l’artiste avait bien pu nous concocter cette fois-ci, et que l’album était très attendu.

Fin août 2016, les radios diffusent le premier single I can’t stop thinking about you et dès les premières notes, une chose me saute aux oreilles : une ligne de basse très présente, comme à la grande époque de Police, un morceau rock et punchy. Bonne nouvelle : Sting refait enfin du Sting !

L’album « 57th & 9th » est donc sorti le 11 novembre, et après une première écoute, mon impression est confirmée : Sting a renoué avec ses racines pop/rock. Si le son peut paraître plus brut et moins travaillé que sur les précécents albums, les guitares sont bien présentes, la voix reste impeccable. Le titre Petrol Head me fait d’ailleurs penser à Next to you de par sa rythmique et son côté très rock.

Compositeur et interprète, Sting est aussi un très bon auteur qui puise son inspiration dans des sujets aussi divers que variés dans l’actualité. La dispartition de David Bowie, de Prince, de Lemmy Kilmister ou de son ami Alan Rickman donne naissance au 50,000. C’est vrai que cette année 2016 a été plutôt dévastatrice, on vit une période vraiment très étrange : on croit que ces stars, ces artistes qu’on aime sont immortels, et puis soudainement elles sont comme nous tous, elles meurent… Mais Sting chante « les rock stars ne meurent jamais, elles s’estompent seulement ». Il aborde aussi laquestion du réchauffement climatique avec One fine day ou la crise des réfugiés avec InshAllah qui, a mon avis, a dû prendre un dimension toute particulière lors du concert de réouverture du Bataclan. Rappelons, pour information, que ces mots signifient « si c’est la volonté de Dieu, qu’elle soit ainsi ». C’est aussi un mot synonyme de résignation, d’humilité, d’espoir, de courage.

Une bonne surprise donc pour ce retour de Sting après une décénnie d’expériences plus ou moins réussies.

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Un commentaire

  1. Sciences appliquées ;)

    Ne pas oublier sur cet album, « the empty chair » …. écrite en hommage au reporter Jim Fowley, tué en Syrie en 2014 et dédiée aux morts du Bataclan le 13 novembre dernier ^^
    « Mais garde ma place et la chaise vide
    Et d’une façon ou d’une autre, je serai là… »
    Un bel album, un concert magique avec Ibrahim Maalouf ! à voir !!

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