David Gilmour : « Rattle that lock » (2015)

Au début de l’été 2015, je suis interpellé par un sujet dans les journaux télévisés. Non pas parce qu’il est consacré aux identités sonores créées pour les entreprises, et plus particulièrement celle de la SNCF… mais plus parce que ce jingle de 4 notes composé pour l’entreprise de transport ferroviaire a inspiré une chanson à David Gilmour ! Le titre en question, Rattle that lock, sort le 17 juillet. Après une écoute – plutôt surprenante – je suis dubitatif et j’ai hâte que l’album soit disponible pour me faire une meilleure idée. Car, hormis le fait qu’il soit l’un des membres de Pink Floyd, David Gilmour c’est aussi une voix, un guitariste hors pair, un compositeur de talent. Personnellement, je n’ai pas été étonné de savoir que le sonal de la SNCF a été le point de départ de ce 4ème opus… mais qu’en sera t-il du reste de l’album ? « Rattle that lock » est sorti le 16 septembre. Vite vite, écoutons !

Dès les premières notes de 5 A.M. j’ai comme une impression de déjà vu mais dans le bon sens du terme : celle d’un album construit comme « The Division Bell », avec une intro instrumentale similaire à Cluster One. Un bon point… mais voyons la suite. Passons sur le second titre de l’album, Rattle that lock : malgré le solo de guitare et les chœurs, je ne lui trouve rien de fabuleux (même si c’est original).

Faces of stone est pour moi une véritable perle : un solo de guitare tout bonnement magnifique, et cette nostalgie, cette tristesse qui s’en dégage… c’est vraiment très prenant. Lorsque débute le titre suivant, A boat lies waiting, je ne peux m’empêcher de penser à Richard Wright (l’ancien claviériste de Pink Floyd, disparu trop tôt) et à ses lignes mélodiques comme sur The great gig in the sky. Une chanson très douce, très calme.

J’adore le côté jazzy de Dancing right in front of me : ses chœurs et son riff de guitare un peu plus cinglant, avec ce petit côté dansant. Un contraste total avec In any tongue… Le morceau monte progressivement en puissance, révélant le meilleur moment de guitare de l’album, à en donner des frissons. Résurgence d’un passé révolu, d’une apogée du rock, avec un solo haut perché, violent, puissant… Bref du grand Gilmour, c’est ce que j’attendais à un moment donné sur l’album, et je suis servi. Un moment poignant, une autre perle de cet album.

Au même titre que 5 A.M. qui ouvre l’album, Beauty est un instrumental dans la même veine que Marooned (décidément, le parallèle avec « The Division Bell » est très présent). Mais ce qui crée un nouveau contraste, presque déroutant, c’est le titre suivant : The girl in the yellow dress. Une ambiance piano bar très très jazzy avec un saxophone pour distiller quelques notes et relever le tout. Et force est de constater que le jazz sied bien à la voix de Gilmour.

Today me frappe dès le début : j’ai l’impression d’entendre du Pink Floyd à l’époque de « The Wall » ou de « A momentary lapse of reason ». Un son très années 80, qui dénote un peu avec le reste de l’album, mais qui reste assez agréable à écouter. Le titre final And Then vient clore l’album en beauté. C’est une reprise de 5 A.M. avec une orchestration différente, une alternance de puissance et de calme, de guitare électrique et de guitare acoustique.

Malgré ses 70 ans, la voix de David Gilmour – bien que parfois essoufflée – n’a rien perdu de sa superbe. La recherche et la création musicale sont toujours aussi indéniables. De nombreuses similitudes avec « The Division Bell », sur la forme et la construction de l’album (et c’est tant mieux). On y retrouve bien évidemment la griffe de l’artiste tant dans son jeu de guitare que dans ses compositions. On se rend bien compte de l’importance et de la place que David Gilmour occupait au sein de Pink Floyd. Un bon album qui rappelle, avec émotion et nostalgie, la bonne époque de Pink Floyd.

J’émettrai cependant un GROS bémol, presque un carton rouge. Non pas envers l’album, le musicien, le compositeur, le chanteur… mais contre l’homme. Monsieur Gilmour, Wish you were here, Shine on Your Crazy Diamond, ou Money sont des titres cultes que vous avez composés pour Pink Floyd. Et dans l’esprit des gens, ces chansons restent associées à ce groupe de légende. Comment pouvez-vous dire en interview que « Pink Floyd c’est fini il y a longtemps. Ça ne m’intéresse pas tellement… c’est presque oublié. » alors que vous continuez à jouer ces mêmes titres en concert ? Comment osez-vous dire ça ? Car lors de votre « Live in Gdansk » ou lors de votre concert du 18 septembre dernier au théâtre antique d’Orange, c’est bien par Comfortably Numb que vous avez terminé vos concerts… Et quoi que vous puissiez en dire, il n’empêche que ce sont bien les titres de cette époque inoubliable qui font se lever le public. Alors même si ces tubes sont de vous, ne reniez pas l’histoire que vous avez vécue avec Pink Floyd !

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