Sanseverino : tournée Papillon/Le petit bal perdu

Sanseverino – Espace Julien Green le 17-05-2015Crédit photo : Cyril HERVE

Le plus tzigane des chanteurs français a entamé une tournée fin 2014 à l’occasion de la sortie de son nouvel album Le petit bal perdu et surprend son public lors d’un concert en deux actes. Récit…

Arrivée à 20h00 devant l’Espace Julien Green d’Andrésy. Il y a déjà pas mal de monde qui arpente le pavé en attendant l’ouverture des portes. Dans la file d’attente, j’écoute certaines personnes parler des reprises du dernier album : « Je n’ai entendu que Route Nationale 7 et Le petit bal perdu, je ne sais pas ce qu’il a repris exactement sur son album. En tout cas, elle sont pas mal ces deux reprises ! ». Pour ma part, ma présence à ce concert est un cadeau, je ne savais même pas qu’un nouvel album était sorti en septembre. En revanche, j’avais déjà entendu Sanseverino dans différentes reprises : Il suffirait de presque rien (Reggiani), Éloge de la tristesse (Thiéfaine), Dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs (Pigalle) ou Bon anniversaire (Aznavour). Mais nous étions loin de nous douter des bonnes surprises qui nous attendaient…

Les portes s’ouvrent, nous entrons et tendons nos billets. Comment décrire la salle ? Un mélange de gymnase et de petite salle de théâtre, voire de salle des fêtes, où auraient été montés des gradins façon structure métalliques de base. Tout le premier rang face à la scène est réservé aux membres de la municipalité et autres notables. Nous nous installons donc tant bien que mal sur le côté au bas des gradins. Quelques minutes plus tard, la pétillante Rémila débarque sur scène : une fraîcheur et une gouaille qui nous réconcilieraient presque avec le rap. Enfin, après cette première partie sous forme de très belle découverte arrive le moment tant attendu : Stéphane et ses musiciens, tous vêtus à la façon des années 30.

Acte I : Une première chanson, puis avec sa verve et son franc parler, Sanseverino regarde la salle et demande à son public de quitter les gradins pour se rapprocher de la scène. Puis il nous explique être un fan inconditionnel du roman d’Henri Charrière Papillon.

J’ai très, mais alors, très envie de relire pour la cinquième fois le livre d’Henri Charriere : Papillon. Mais plutôt que de bêtement relire des trucs que je connais quasiment par cœur, je vais en faire 12 ou 13 chansons que je vais écrire dans l’ordre chronologique, les unes après les autres. Pas comme dans un album normal. Mieux que ça, avant même d’en faire un album, je vais en faire un concert/lecture… enfin non, pas une lecture. Voilà ce que je me suis dit, et tout est parti de là. Avec le même groupe que la tournée Honky Tonk parce qu’entre nous ça fusionne, et encore, je minimise. Et moi, je crois bien que je vais venir aussi…

Le ton est donné. Pendant près d’une heure, il nous livre un récit-concert où on retrouve les qualités qu’on lui connait et qui ont fait son succès : des chansons bondissantes, de l’humour, de l’énergie revigorante.

Acte II : Après un entracte d’un petit quart d’heure, les tenues des musiciens sont plus légères. Sanseverino nous plonge alors dans le swing des années 30 d’où il puise souvent son inspiration et nous présente les titres de l’album Le petit bal perdu. Des reprises d’un patrimoine de chansons populaires connues – ou pas – qui ne demandaient qu’à être revisitées, bousculées. Le pari est plutôt réussi : toute en respectant le texte et les mélodies de ces chansons, Sanseverino donne une nouvelle jeunesse à des titres comme Johnny tu n’es pas un ange (Piaf), Un dur, un vrai, un tatoué (Fernandel) ou encore Le petit bal perdu (Bourvil). Une mention toute particulière – selon mes critères – pour La java des bombes atomiques (Boris Vian) et Supplique pour être enterré sur la plage de Sète (Georges Brassens).

On est loin de la période purement jazz manouche, mais Sanseverino continue de nous surprendre agréablement. Et à 53 ans, il n’a rien perdu de son talent, de son génie, de son énergie, ni de son humour sur scène. À (re)découvrir d’urgence…

Retrouvez la discographie de Sanseverino dans cet article.

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